Asta a participé au projet Kaleidoscope afin de monter son entreprise de bougies parfumées. Dans le présent témoignage, elle partage avec nous ses rêves et objectifs.

Chez Elan Interculturel, nous aimons diffuser les parcours des femmes migrantes entrepreneures du programme, comme source d’inspiration pour toutes celles qui hésitent encore à se lancer. 

«Je suis Asta, passionnée de parfums et en création d’entreprise pour développer mon commerce de bougies et senteurs venues d’Afrique.

Dès mon plus jeune âge, j’ai été fascinée par les parfums d’intérieur. Dans mon propre foyer, ma mère allumait des bâtonnets d’encens appelés Thiouraye pour neutraliser les mauvaises odeurs de nourriture dans la maison. C’est un grain d’encens naturel à base de plantes des rives du Sénégal, mon pays d’origine, fait d’un mélange de résines traditionnelles, de plantes et de bois aux arômes et aux huiles essentielles.

A l’âge de neuf ans, je prenais déjà soin d’arrêter la combustion d’un grain d’encens pour éviter l’odeur désagréable qui s’en dégageait sur la fin. A partir de ce jour, mon intérêt pour les parfums est né et depuis je me suis beaucoup renseignée sur ce sujet. La Thiouraye sous forme d’encens ne me suffisait plus et je voulais fabriquer plusieurs produits à partir de ces extraits, que ce soit de la crème corporelle, des parfums ou des bougies. Je suis ainsi devenue la première femme d’origine africaine à lancer cette idée.

Ma passion pour les parfums, est encore un hobby et elle ne devient ma carrière qu’après une longue expérience professionnelle. Je suis diplômée en tant qu’éducatrice spécialisée, et j’ai travaillé comme assistante sociale pendant plusieurs années. J’aimais beaucoup mon travail car cela me rendait très heureuse d’aider les personnes en difficulté en les accompagnant vers l’insertion. Pourtant j’ai lutté toute ma carrière contre les préjugés et discriminations du quotidien pour le seul fait que je porte le voile religieux. Je me sentais restreinte dans ma liberté. Je me suis donc tournée vers ma passion et j’ai osé me lancer dans ma propre entreprise. C’était une décision difficile à prendre car les critiques de la part de mes proches étaient nombreuses et démotivantes. Ils me disaient que c’était une mauvaise idée, et que ce n’était pas innovant, etc. Mais après une étude du marché existant, j’ai finalement choisi de mettre en avant de mes origines migratoires et de mon multiculturalisme pour intégrer les parfums traditionnels africains dans l’environnement européen, permettant aux Français de découvrir de nouvelles fragrances. De plus, les Sénégalais-es et autres personnes issu-e-s de l’immigration retrouvent une partie de leurs origines dans mes produits. Mon but est aussi de moderniser un peu les traditions, pour que les gens achètent un produit simple et déjà préparé sans qu’ils aient à faire les mélanges des plantes eux-mêmes. Je tiens aussi à ce que mes produits soient faits à base de plantes et 100 % naturels.

Convaincue de ma propre idée d’entreprise, j’ai finalement décidé de ne pas abandonner mon projet et de m’entourer de personnes ayant à peu près les mêmes objectifs que moi, ou qui les ont déjà réalisés. Je me suis fait conseiller, j’ai participé à plusieurs formations et j’ai noué de bons contacts. Lors d’une de mes formations, j’ai découvert que j’avais un sens olfactif particulièrement développé. C’était une grande motivation, que je veux voir comme l’une des preuves de ma destinée dans l’industrie du parfum. Ce talent est devenu l’un des fondamentaux de ma marque, que j’ai récemment enregistrée à l’INPI. Elle s’appelle “La perle Wussulan” – le nom du premier grain d’encens qui m’a envoutée dans l’univers des parfums.

Enfin, pour la suite je n’abandonnerai pas pour autant mon autre passion pour le travail social car je compte créer une association en France et au Sénégal pour les enfants atteints d’autisme. Ce sera l’occasion de croiser mes expériences de travailleuse sociale et d’entrepreneuse pour une bonne cause. Chaque expérience nourrit la suivante. “

Asta Gadio

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